La Harpe de Mélodie

 "La harpe de mélodie" est le titre d'une chanson de Jacob Senlèches, chef d'œuvre de l'ars subtilior de la fin du 14e siècle. 

 

Ce projet se consacre aux répertoires pour harpe et voix, du Moyen-Âge jusqu'à aujourd'hui.

Cultivant l'éclectisme, la recherche et l'art de la scène, chacun des programmes explore soit des instruments soit des répertoires méconnus, voire méprisées.

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Cécile Banquey-Véronique Musson-Gonneaud-Harpe de Mélodie copie_edited_edited.jpg

"Varietas"

Mélanges…


(voix, popharpes et harpions)

Éclectique, varié, inattendu, inventif et souvent incongru, ce programme vous invite à une exploration des possibles…

Il est né de l’envie de construire un répertoire

audacieux et ambitieux pour ces petits instruments de rien du tout,

accessibles à tous, et qu’on fabrique soi-même en deux jours de stage, mais qui sonnent comme des grands.

 

Tantôt à une, tantôt à 2 ou 3 harpes, nous poussons les limites des harpes simples, limitées par leur absence de mécaniques et leurs 24 cordes diatoniques. 

 

Les humbles popharpes ont tout à inventer, tandis qu'on a oublié le son et l’usage des harpions utilisés sur nombre de harpes historiques : dans un cas comme dans l'autre, ce sont des créations contemporaines, autrement dit des interprétations, elles sont au cœur de questions artistiques incontournables.

Œuvres des 14e au 21e siècles :  Binchois,  Arcadelt, Dowland, Merula,  Ravel, Falla, Stockhausen, Charron, Nante…

avec Cécile Banquey ou Caroline Tarrit 

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"Inventio"

Musique médiévale

(voix, guiterne, luth, vièle & harpe gothique)

L’emploi des instruments dans la musique médiévale résiste encore aujourd’hui aux connaissances.

Le souci de “l’authenticité” n’a de sens que dans la relecture, l’intuition, l’interprétation et la re-création.

De ce paradoxe, on tire une source d’inspiration sans égale.

Par l’Inventio, on trouvait autrefois les arguments d’un discours rhétorique.

Par l'Inventio, on trouve aujourd'hui les arguments de la redécouverte d'une musique de plus de 600 ans.

Les harpes gothiques, âgées de plus de 500 ans, avaient une sonorité particulière que leur conférait les harpions qui frottaient sur les cordes, mais à propos desquels on est aujourd’hui réduit aux conjectures.

Ce programme vous invite à un voyage dans la musique médiévale, en déployant les rares sources de la musique instrumentale française du Moyen-Âge.

Œuvres du 13e au 15 e siècles : Machaut, Binchois, Senlèches, Solage, Codex Faenza… 

avec Caroline Tarrit, Philippe Gonneaud et Christelle Prunier

Sophie Landy-Véronique Musson-Gonneaud

Airs anglais et romances françaises vers 1800

(voix & harpe à crochets)

Née en 1794 des doigts des facteurs Renault et Châtelain, la harpe de ce programme témoigne de cette époque post-révolutionnaire où les cœurs meurtris ont besoin de soulagement.

L'instrument fétiche de Marie-Antoinette a vu son engouement grandir encore à la chute de la Royauté (200 magasins à Paris vers 1790).

Aujourd'hui les harpes à crochets, aux sonorités souples profondes et chaleureuses, ne sont joués que de manière exceptionnelle, tant il est rare d'avoir un instrument bien conservé et restauré.

La harpe accompagne à merveille la forme vocale la plus en vogue de l’époque. Alors que les airs de Haydn incarnent le nouveau style classique, la romance, en effet, est "une humble violette, qui ne sollicite aucun hommage, mais qui paie ceux qu’on lui rend, par le tribut de son délicat parfum » disait Garaudé en 1809.

La plupart de ces compositeurs sont injustement tombés dans l’oubli. Pourtant, au milieu de la quantité innombrable de romances à la mode, on trouve aussi des trésors de finesse aux passionnantes références littéraires et dramatiques.

Œuvres de la fin du 18e s. : Haydn, Marin, Krumpholtz, Plantade, Ginguené, Damvimare, Desargus, Lemière de Corvey…

avec Sophie Landy-Cluzet

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Musiciens

Caroline Tarrit, mezzo

C’est en participant à quelques productions du Festival d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence en tant que danseuse-figurante qu’elle se prend de passion pour le chant lyrique.

Elle se lance, après des études de langues, dans l’apprentissage du chant et obtient son Premier Prix de Chant dans la classe d’Isabel Garcisanz (Paris16e). Elle chante et enregistre d’abord en ensemble, avec Musicatreize (« Lys de Madrigaux de Maurice Ohana), Soli-tutti, Akadémia, De Caelis, dont elle est co-fondatrice et membre permanent; ensemble avec lequel elle enregistre de nombreux disques de polyphonies médiévales et oeuvres contemporaines vivement salués par la critique (« ffff » de Télérama, « Choc » du Monde de la musique, « Recommandé » par Classica…).

Elle enregistre aussi, sous la direction de Francis Biggi, les rôles de Proserpina, Tirsi et une furie dans « La Fabula di Orpheo » d’Angelo Poliziano chez K617 (« Choc »). Parmi ses nombreuses incursions dans le répertoire des XXe et XXIe siècle, elle interprète les rôles de Mrs Pugh et Myfanny Price dans l’opéra de François Narboni à l’Opéra de Metz.

Son goût et sa passion pour la musique italienne du XVIIe siècle l’amène à chanter sous la direction de Jean Tubéry (La Fenice), « La lettera Amorosa » au théâtre de Sens, les rôles de Proserpina, Euridice, Ninfa dans « L’Orfeo » de Monteverdi, en France, Belgique, Finlande, Espagne, Pologne…

Elle aborde, par ailleurs, un répertoire plus classique ou romantique, par le biais de l’oratorio.

Cécile Banquey, mezzo

Cécile commence ses études musicales au conservatoire et à l’université de Bordeaux et les poursuit en région parisienne aux Conservatoires de Pantin, Boulogne-Billancourt et Paris.

Elle est titulaire du Diplôme de Concertiste en musique ancienne, des DEM de chant, direction de chœur, harmonie et contrepoint, d’un Master de recherche en Musicologie et du Diplôme d’État de formation musicale.

Son intérêt pour la musique médiévale l’amène à suivre les formations du Centre de Musique Médiévale de Paris (Brigitte Lesne, Catherine Sergent), les cours de lecture sur les sources de Raphaël Picazos et les cours de harpes anciennes de Véronique Musson-Gonneaud.

Elle chante au sein des ensembles Les Cris de Paris, La Tempête, Les Métaboles, Discantus, Musicatreize... Parallèlement à ses activités de chanteuse, elle intervient régulièrement en milieu scolaire dans le cadre d’actions pédagogiques et dirige des ensembles vocaux.

Sophie Landy-Cluzet, soprano

Prix de la mélodie contemporaine au Concours Européen de Mâcon, diplômée en musique ancienne  au CNR de Paris, Sophie Landy chante et enregistre notamment avec Sagittarius (M. Laplénie) qui la conduit en Turquie ou en Chine, le Concert Spirituel (H. Niquet), Musicatreize (R. Hayrabedian), la Simphonie du Marais (H. Reyne) ou l’ensemble baroque de Nice (G. Bezzina) : rôle-titre de la Giuditta de Scarlatti salué par Diapason, Classica et Opéra magazine. Elle interprète la musique sacrée de Bach, Haendel, Mozart, Boccherini, Fauré, Stravinsky, les Carmina Burana de Orff, et de nombreux rôles d’opéras : Purcell, Lully, Pergolèse, Mozart, Delibes, etc. Elle se produit également en récitals à thème avec harpe ou piano: la Romance au fil des siècles, musique américaine du XXe siècle, Désirs d’Orient, Amours Lyriques … Elle enseigne aux conservatoires de Palaiseau et de Taverny, à l’école Théâtre Molière Sorbonne et en stages.

Philippe Gonneaud : luth & guiterne

Après des études luth avec Alex de Valera à l’ENM de Romainville puis au CNSM de Lyon où il a obtenu son prix en 1993. Philippe Gonneaud s’est perfectionné auprès de Dominique Vellard, Eugène Ferré, Gérard Geay, et Crawford Young à Bâle, dans l’interprétation des musiques du Moyen-Âge et de la Renaissance, à la redécouverte desquelles il participe activement.

Il a enseigné la paléographie musicale et la notation au CNSM de Lyon (1996-2000), à la Sorbonne (2003-2005), et au CNSM de Paris (2004-2006). Il enseigne actuellement le « solfège ancien » ou Ars Musica au département de musique Ancienne du Pôle Supérieur d’Aubervilliers-La Courneuve.

Il est régulièrement invité en tant qu’interprète et pédagogue à la Cité de la Musique, ainsi que pour des sessions de formation (Centre de Musique Médiévale de Paris, École Britten de Périgueux, Atelier de musique Ancienne de Provence).

 

Christelle Poncet, vièle à bras

Grâce à un environnement musical favorable, elle bénéfice très jeune d’une pratique de musique d’ensemble et de concerts, et découvre tôt la musique ancienne. Elle obtient un diplôme de violon baroque grâce aux conseils d’Odile Edouard au Conservatoire de Genève. Elle se produit en musique de chambre et en orchestre en France, en Suisse et en Croatie.

Sa curiosité la pousse vers le répertoire médiéval et la pratique de la vièle à archet et du rebec qu’elle découvre et étudie auprès de Francis Biggi. Elle a pu notamment approfondir le répertoire de l’Ars Nova, de l’Ars Subtilior et des polyphonies françaises des XIIIème et XIVème siècles.

Elle a participé à la reconstitution de la Fabula di Orfeo de Poliziano. Ce projet a abouti sur des représentations scéniques et à un disque qui a reçu le Choc du Monde de la Musique. Elle a poursuivi ce travail musicologique et scénique au travers la reconstitution de drames lithurgiques des XIème et XIIème siècles. Christelle Poncet joue une vièle d’un modèle italien du XVème siècle conçue et fabriquée par Judith Kraft (Paris).

Véronique Musson-Gonneaud, harpes

Musicienne engagée, chercheuse et pédagogue, Véronique a été l'une des pionnières de la redécouverte des harpes anciennes en France.

Par la suite, soucieuse à la fois de diffuser la pratique de la harpe auprès d'un large public, et de défendre le questionnement artistique à tous les niveaux de pratique, elle a fondé l'association Pop'harpe en 2010 autour d'un audacieux projet de harpes en carton.

Elle a étudié la harpe baroque auprès des luthistes Eugène Ferré et Hopkinson Smith, des harpistes Françoise Johannel et Mara Galassi, et le contrepoint auprès de Gérard Geay et Jean-Yves Haymoz. Diplômée du CNSM de Lyon en 2001, elle s’est ensuite perfectionnée, durant 4 ans, à la Scuola Civica de Milan.

Elle explore les répertoires du Moyen-Âge à la création contemporaine. Elle a enregistré pour le label Brilliant Classics un disque solo consacré à l’œuvre d’Antonio de Cabezón à la harpe double ("Pour un plaisir") salué par la critique.

En 2016, elle a remporté aux côtés de Pascal Bernard, le Prix du Premier Ministre au Concours Lépine pour un modèle de harpes en carton aux toucher, son et usage inspirés des harpes du Moyen-Âge.

Engagée dans la recherche, elle a publié avec le Laboratoire d’Acoustique Musicale du CNRS une étude sur la redécouverte sonore des harpions, et participe régulièrement à des conférences et groupes de recherche (Congrès Interdisciplinaire de Musicologie, Collegium Musicæ…).